KAT LADIES

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BLOOD ON THE RED CARPET

UN CADEAU SPECIAL POUR LES AMIS DES KAT LADIES.

EN AVANT PREMIERE, ALAIN ZIRAH VOUS OFFRE LE PREMIER CHAPITRE DU ROMAN:

 

DU SANG SUR LE TAPIS ROUGE

 

 

CHAPITRE I :

 

 

MARSEILLE

 

L’île d’If, vue du ciel, est une terre aride, inhospitalière. On est loin des archipels d’îles de Polynésie ou des Maldives. Le seul bâtiment érigé sur cette terre inconfortable est le Château d'If. Il a été construit entre 1524 et 1531, à la demande de François Ier.

A l’arrière du Château d’If, sur une placette inondée de lumière, une jeune femme est enchaînée à un poteau. Elle est bâillonnée avec un adhésif noir. Un masque a été jeté à ses pieds. LadyKat a été démasquée.

La captive est défaite, décoiffée, échevelée. Son visage est caché par un maquillage réalisé sommairement avec du rouge à lèvres. Du mascara noir coule sous ses yeux.

Sur sa droite apparaît la silhouette menaçante d’une femme africaine toute vêtue de noir. En redingote, malgré la chaleur. Face à sa victime, les mains sur les hanches, elle ricane. Avec des propos vulgaires, la femme noire se moque de l'héroïne vaincue. DarkieKat révèle une âme aussi noire que sa tenue le suggère. Elle tient un crochet de boucher à la lame aussi effilée qu’un rasoir.

Ivre de puissance, elle menace la malheureuse avec tout le mépris dont elle est capable:

- Ta fin est proche, misérable ! Tu ne peux plus t'échapper. N’aie aucun espoir ; Personne ne viendra te sauver!

 

*

 

Un soleil de feu darde ses rayons lapidaires sur les pauvres mortels. Fidèles à leur habitude, les marseillais font la sieste. Sur l’île, à seulement quelques mètres sur la gauche de LadyKat, un homme attaché, somnole lui aussi. Il est attaché à un autre poteau. Le bruit des voix le réveille doucement. Il entrouvre un œil, puis le referme. L'inspecteur Johnny Boy est hagard. La réverbération agresse ses yeux larmoyants. Il cligne des yeux. Il fait des efforts démesurés pour les ouvrir. Lorsqu’il découvre la scène, il devient  furieux.

 - Non, arrêtez !.... Vous ne pouvez pas faire ça ! 

 Soudain, il prend conscience qu’il est attaché. Il est incapable de bouger. Il aperçoit sa geôlière à la peau noire s’approchant de lui. Le jeune homme change de ton. Il devient doux comme un agneau. Il gémit, geint et supplie :

- Pitié… Libérez nous, je vous en supplie…

DarkieKat fait volte face. Elle se retourne vers LadyKat. Elle ordonne à sa victime de relever le visage. A la vision de la lame tranchante, LadyKat s’exécute. Avec un instinct victorieux, DarkieKat jubile devant la défaite de son ennemie. Puis elle sort de sa ceinture un mascara. Elle prend plaisir à maquiller son jouet. Elle crache dans le mascara ordinaire et l’applique sur le visage de LadyKat. Sous son bâillon, cette dernière a un mouvement de dégoût.

La captive veut se rebiffer, mais la femme noire lui montre une nouvelle fois le crochet et la soumet instantanément à ses caprices. Elle approche son visage de sa captive. Le souffle chaud amplifie la chaleur su soleil torride. DarkieKat lèche la joue de sa victime consentante. Déchue, LadyKat se laisse faire. Elle réprime un instant de répulsion, mais se soumet. Le bourreau étale le noir sous les  yeux de la captive enchaînée.

Victorieuse, DarkieKat sort de sa poche une camera numérique. Elle commence par faire des photos de sa victime. Elle choisit les angles, définit plusieurs poses et accentue l’humiliation de son jouet en décoiffant LadyKat, jusqu’à ce qu’elle soit complètement échevelée.

DarkieKat ramasse un pied métallique et fixe la caméra.  Elle choisit un cadrage suffisamment large pour filmer LadyKat en plan américain. Puis elle entre dans le champ. Elle regarde la camera. La lumière rouge lui confirme le démarrage du film.

Le crochet menaçant vient se coller sous le menton de LadyKat. La pointe acérée appuie dans la chair souple sous sa mandibule. Une simple pression crèverait la chair. Triomphale, DarkieKat arrache le sparadrap, libérant une bouche pulpeuse. Elle embrasse les lèvres de sa victime asservie. Malgré elle, cette dernière entrouvre ses lèvres et laisse la langue de sa geôlière violer son intimité. Brusquement la tortionnaire se retire. Elle gifle violemment le visage offert. Puis, avec rage, elle déchire le bustier de sa victime pour en faire jaillir la poitrine nue.

 

Terrifié, Johnny Boy, se débat, sans conviction, dans ses liens. Il a voulu crier, mais la tournure inconvenante de la scène l’a laissé sans voix. Au contraire, la vision du baiser scandaleux a fait apparaître une bosse à son pantalon.

Il voudrait manifester sa colère, mais, en même temps, la scène a attisé sa curiosité. Dans un silence absolu, il  tend les muscles du cou pour essayer de voir la poitrine profanée. Sa fureur s’est changée en peur depuis la vision du crochet. Il supplie d’une voix faible.

- Non ! Ne faites pas ça !  

Personne ne l’a entendu.

DarkieKat élève sa main avec le crochet, au dessus du visage de sa victime. Elle est prête à frapper la jeune femme enchaînée dans son costume de justicière démasquée. LadyKat ferme les yeux.

L’inspecteur Johnny Boy, reprend ses suppliques:

- Non ! Ne faites pas ça ! Arrêtez, je vous en prie ! … Ne faites pas ça ! Libérez LadyKat !...

DarkieKat retourne derrière sa caméra. Elle fait un panoramique et s’attarde sur l'inspecteur naïf. Cette fois, elle choisit un plan plus large pour montrer l’homme en pied. Il supplie d’une voix faible :

- Libérez-nous, je vous en supplie

Elle reprend le crochet et élève sa main au dessus de l’homme plaintif.

Sentant sa dernière heure arriver, ce dernier ferme les yeux et crie de toutes ses forces :

... Je ferai tout ce que vous voudrez... Je serai votre esclave...

 

*

 

La main de DarkieKat s'abat sur Johnny Boy. S'attendant au pire, l'inspecteur ferme les yeux très fort. Le mouvement de la lame décrit cercle, faisant un appel d’air devant son visage.

Avec une précision absolue, le crochet a déchiré sa ceinture et le haut de son pantalon. Johnny Boy est toujours vivant. Incrédule, mais soulagé, il ouvre grand les yeux. Il voit son pantalon tomber sur ses chevilles. D’un seul coup. On découvre son caleçon rose pâle. Sur le coton, des dessins de petites souris. DarkieKat est très amusée. Elle rit à gorge déployée.

Ridiculisé, l’homme est en bien mauvaise posture. LadyKat assiste, impuissante, assiste à la scène, en silence. Savourant sa victoire, DarkieKat lève la jambe et pose le talon aiguille de sa botte sur la poitrine de l'inspecteur. Cynique, de l'index, elle montre sa botte :

- II va falloir être à la hauteur, esclave !

 

*

 

CANNES

Le festival de Cannes bat son plein. Pour son nouveau printemps, Cannes, la belle, a revêtu son habit de lumières, miroir aux alouettes dans lequel chacun vient y rêver d’Un Monde Meilleur.

Sous un azur ensoleillé, elle promène sa robe fendue du Majestic au Martinez avant de monter les marches sous les crépitements des photographes. Cannes, centre du monde pendant douze jours, carrefour de l’humanité, des célébrités, du faste et du futile, Cannes, capitale du rêve, fait son festival du cinéma, de la mode et de la politique.

 Berceau polyglotte d’un monde de jet-setters où les affaires se traitent le soir, dans des villas somptueuses ou sur des yachts de milliardaires. Ici, même les photographes sont en smoking.

 Cannes, la belle, fait étinceler ses parures signées Chopard dans un Palm Beach à la française où le casino attire moins de monde que sa terrasse rebaptisée VIP Room. Les palmiers sont moins hauts que leurs cousins de Californie, mais à leurs pieds, les tenues de soirée sont de sortie tous les soirs. D’ailleurs, dans quelle autre ville au monde pourrait-on croiser autant d’hommes en smoking toute la journée ? Certains habitués portent l’habit de soirée dès le réveil, en fin de la matinée.

 Hollywood est un rêve inaccessible, mais les stars américaines sont prêtes à toutes les compromissions pour une simple palme d’or, sur le sol français.

Azed et LadyKat enregistrent leur chronique pendant le festival de Cannes. Les deux animateurs de télévision présentent leur émission « Strass & Paillettes ». Azed est un artiste peintre Jet-Setter, il accompagne la jeune femme masquée dans les soirées mondaines au cours desquelles il explique aux people l’intérêt d’investir dans l’expressionnisme abstrait. LadyKat, elle, est toujours heureuse de s’agiter devant les caméras, un verre à la main, puis de se trémousser sur les pistes de danse des soirées les plus privées de la planète.

 Sur la terrasse du triplex luxueux de l’immeuble situé immédiatement en face du palais, au 2A la Croisette, un homme est allongé sur le sol. Il est entièrement habillé en noir. Son attention est totalement concentrée sur les visions défilant au travers de son viseur. Il tient un fusil à lunette. Ses intentions ne laissent aucun doute. Il est là pour tuer.

 A travers le viseur monté sur son fusil de précision, le terroriste observe les marches. Sur le tapis rouge, de nombreux invités prestigieux viennent saluer la foule en délire dans des robes somptueuses, créées pour l’occasion par les créateurs les plus talentueux. La cérémonie commence généralement à dix neuf heures et se prolonge jusqu’à la projection du film.

 Tous les hommes portent le smoking sur une chemise blanche. Presque tous. Parfois, un artiste un peu plus original se démarque avec des tons noir sur noir ou avec un immense nœud papillon en bois. Pour les femmes, par contre, toutes les extravagances sont permises, depuis la robe noire sobre agrémentée de strass et paillettes jusqu’aux envolées lyriques de soies, de satins, de jerseys, de mousselines, de taffetas, d’organza et de tulles…

 Les couleurs sont autant d’hommages aux peintres décadents. Les voiles jaunes flottent pendant la marche. Les soies orangées, vertes ou bleues sont autant de taches jetées sur l’immense toile rouge d’un peintre gargantuesque. Généralement accompagnées d’un minuscule sac à main, les robes fourreau blanches, mauves, violettes, vertes jouent à monter ou non les jambes des plus belles femmes venues du monde entier.

Toutes manient l’élégance, la beauté et le glamour avec le même sourire aux lèvres. Les hommes rentrent leur ventre. Les éclairs des flashs rendent les femmes plus belles. Les yeux s’illuminent, les poitrines se gonflent. Chacune tente de laisser sa plus belle image pour la postérité. A défaut, elles seront les photos phares des magazines people.

 Lorsque Luna Solar monte les marches, une ovation salue sa présence. Ainsi que toutes les personnalités qui l’entourent. Elle fait partie de l’équipe du film réalisé par Quentin Tarantino, Frank Miller et Robert Rodriguez. Ces trois là ont réalisé ensemble un film culte sur la ville du pêché, et depuis, ils ne se quittent plus.

 Le tueur alterne les moments de curiosité où il regarde le spectacle à l’œil nu et ceux où il se délecte de gros plans à travers le viseur de son arme de précision. Il a peint son fusil avec une peinture mate noire pour éviter toute brillance. Dans on viseur défilent plusieurs des mille cinq cent agents de sécurité engagés pour sécuriser le seul lieu. Parfois, il sent la transpiration ruisseler sur son front. Il abaisse son arme pour s’éponger le front. La tension pour les producteurs des films est aussi très forte. Elle l’est encore plus pour les festivaliers avides de la sensation forte d’obtenir deux autographes du même acteur. Pour le tueur, la tension est extrême. 

 Brad Pitt et Angelina Jolie font partie de la distribution ainsi que Tom Cruise et Nicole Kidman, Penelope Cruz et Javier Barden, Bruce Willis et Jean Claude Van Damme, Lenny Kravitz et Demi Moore. Sylvester Stallone a insisté pour participer à cette aventure. Et Arnold Schwarzenegger a abandonné, provisoirement, son fauteuil de gouverneur pour faire une apparition dans ce film fleuve. Ils sont entourés de Scarlett Johannsen, Megan Fox, Sharon Stone et Halle Berry. Les cadreurs ont du mal à choisir l’enchaînement des portraits qu’ils feront défiler sur les écrans géants.

Il n’y a que du beau monde. Que des sourires américains autour de l’actrice française.

Les équipes du film saluent leur public en bande, avant de monter les marches pour saluer le Maître de Cérémonie. Gilles Jacob, toujours stoïque, serre toutes les mains. Puis les acteurs gagnent la placette réservée aux honneurs, en haut des marches. Ils restent immobiles, le bras levé, victorieux, le souffle coupé par l’ovation du public.

 De chaque côté du tapis rouge, les officiers en casquette ont été remplacés par des Saint Cyriens aux costumes plus clinquants.

 Parfois, des délégations entières de personnalités sont venues de leur pays lointain dans leur costume traditionnel. Des cameramen, venus du monde entier, filment cet évènement unique pour le diffuser aussitôt, en direct, dans leur pays. Les présidents de chaînes savourent l’audimat de leur émission « Spécial Cannes ». Andy Warhol et David Bowie l’avaient prédit : Tout le monde est un héros, pour juste une journée.

Sur des millions d’écrans LCD, dans les foyers, une profusion de robes de couleurs chatoyantes éclabousse le rouge et le noir. Le rouge du tapis et le noir des tenues de soirées. Le rouge du sang et le noir du canon.

 Les écrans géants placés de chaque côté du Palais présentent les visages démesurément agrandis des personnalités du film.

  Le terroriste colle à nouveau son œil contre le viseur. Les visages sont aussi agrandis dans la lentille numérique de haute précision. La crosse contre la joue, il arme son fusil à lunette. Il vise les membres de l’équipe. Dans le viseur de son arme de haute technologie, avec une précision exemplaire, les stars apparaissent, l’une après l’autre. S’il était équipé d’une caméra, nul doute que ses portraits se vendraient très cher à des centaines de magazines. Mais il n’est pas là pour ça.

 Pour s’amuser, lorsqu’il a fait la netteté sur Brad Pitt, Sylvester Stallone puis Arnold Schwarzenegger, dans son viseur, avec la bouche il imite le bruit que ferait un véritable tir. Bang ! A quoi ça tient la vie, n’est ce pas, Brad ?

 Luna Solar apparaît bientôt dans le viseur. Le tueur la tient en joue. Il veut la tuer en direct, parce qu’elle est un symbole. C’est le moyen idéal pour répandre la terreur. Il n’aura droit qu’à un seul tir. Car les mouvements de foule, après le tir, ne lui permettront pas de retrouver un tel confort de visée.

 Il vise la tête de la star. Luna Solar ne se doute de rien. Elle sourit, puis ouvre la bouche. Il positionne la croix de son viseur sur le front de la jeune femme.

 

Il prend sa respiration et retient son souffle. Il tire.

 

 

……………………à suivre…………………


 

 

 

Copyright ©Alain Zirah 2010